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Vendre une maison DPE G en 2026 : jusqu'à −23 % du prix

Par L'équipe OrvoPublié le

Oui, vous pouvez vendre une maison classée G : aucun texte n'interdit la vente d'un logement énergivore. Ce qui est interdit depuis le 1ᵉʳ janvier 2025, c'est sa mise en location. Et ces maisons trouvent preneur : sur les ventes notariées 2023-2025 des dix départements que nous couvrons finement, nous avons apparié 9 752 ventes de maisons classées G. Ce que vous perdez, en revanche, se mesure : une maison ancienne classée G s'est vendue de 12,8 % à 24,4 % de moins qu'une maison D comparable, selon le département.

L'essentiel en chiffres

  • Vendre un logement classé G est légal : seule sa mise en location est interdite, depuis le 1ᵉʳ janvier 2025 (loi Climat et Résilience, art. 160).
  • 9 752 ventes de maisons classées G ont été appariées sur les ventes notariées DVF 2023-2025 dans les dix départements couverts (15 284 logements en comptant les appartements) — ces biens se vendent.
  • La décote d'une maison ancienne classée G va de −12,8 % (Gironde) à −24,4 % (Nord) face à une D comparable, mesurée sur 362 à 1 464 ventes selon le département.
  • Pour une maison de 90 m² dans le Nord (prix médian 1 912 €/m² sur 2023-2025), cette décote représente environ 42 000 €.

Peut-on vendre une maison classée G ?

Oui, sans restriction. La loi Climat et Résilience (art. 160) ne porte que sur la location: un logement classé G ne peut plus être proposé à la location depuis le 1ᵉʳ janvier 2025, pour tout bail conclu, renouvelé ou tacitement reconduit — un F le pourra jusqu'au 1ᵉʳ janvier 2028, un E jusqu'au 1ᵉʳ janvier 2034. La vente, elle, n'est encadrée par aucune interdiction : elle est soumise à des obligations d'information, détaillées plus bas.

Cette distinction a une conséquence directe sur votre marché. Un acheteur qui comptait mettre le bien en location ne peut pas le faire en l'état : il devra l'occuper, le rénover, ou renoncer. Votre acheteur reste donc l'occupant, et l'investisseur prêt à chiffrer un chantier. C'est l'un des mécanismes qui pèsent sur le prix : nos coefficients mesurent l'écart total associé à l'étiquette, sans pouvoir séparer ce qui vient de la restriction locative, du coût des travaux anticipé ou de l'état général du bâti. Ce qu'ils excluent en revanche, c'est une interdiction de vendre : elle n'existe pas.

Une précision d'honnêteté sur ce rétrécissement du vivier : nous ne pouvons pas le chiffrer. Les ventes notariées enregistrent un prix, une surface et une date — pas ce que l'acheteur comptait faire du bien. Nous mesurons donc l'effet agrégé sur le prix, jamais la part des acheteurs qui ont renoncé. Toute page qui vous annonce « X % d'acheteurs en moins » sur un G n'a pas plus de données que nous — elle a simplement décidé de ne pas le dire. Le calendrier locatif complet, classe par classe, est dans notre calendrier des interdictions de location, et le chiffre à l'échelle de votre commune dans nos fiches villes, comme celle de la décote DPE à Lille.

Le meilleur démenti au mot « invendable » est un comptage. Sur la fenêtre 2023-2025, le croisement des ventes notariées DVF avec les étiquettes DPE de l'observatoire ADEME fait ressortir, dans nos dix départements couverts, 9 752 ventes de maisons classées G: 2 366 dans le Nord, 2 279 dans le Pas-de-Calais, 1 376 dans la Somme, 1 064 dans l'Oise, 1 029 dans l'Aisne. En y ajoutant les appartements, 15 284 logements classés G ont changé de mains sur la période. Ce ne sont pas des estimations : ce sont des actes signés.

Une précision d'honnêteté que nous devons à ce chiffre : il compte des ventes conclues, pas un taux de réussite. DVF enregistre les transactions signées, jamais les biens restés invendus ni la durée de commercialisation. Nous ne pouvons donc pas vous dire quelle part des maisons G mises en vente trouve preneur, ni en combien de temps — et personne ne peut le déduire de cette base. Les délais de « 6 à 24 mois, voire jamais » qui circulent sur ce sujet ne s'appuient sur aucune source vérifiable ; nous préférons dire ce que nous ne mesurons pas.

Combien perd une maison classée G à la vente ?

Nous avons mesuré l'écart de prix entre une maison classée G et une maison D comparable, sur les ventes notariées DVF 2023-2025 croisées avec les DPE de l'observatoire ADEME. Le tableau porte sur les maisons construites avant 1948 — le cœur du parc classé G.

Décote d'une maison classée G face à une maison D comparable — maisons construites avant 1948
DépartementDécote GIntervalle de confiance 95 %Ventes analysées
02 — Aisne−18,5 %−21,3 % à −15,7 %650
03 — Allier−22,1 %−25,9 % à −18,2 %428
06 — Alpes-Maritimes112
13 — Bouches-du-Rhône136
33 — Gironde−12,8 %−16,2 % à −9,3 %362
59 — Nord−24,4 %−25,9 % à −22,9 %1 464
60 — Oise−21,0 %−23,4 % à −18,5 %624
62 — Pas-de-Calais−21,3 %−23,1 % à −19,4 %1 193
75 — Paris24
80 — Somme−24,3 %−26,7 % à −21,7 %852

Source : Ventes notariées DVF 2023-2025 × étiquettes DPE (observatoire ADEME), maisons construites avant 1948, coefficients calculés le 9 mai 2026 — reproductible via scripts/extract-stats-articles.ts

Étiquettes antérieures à la réforme du DPE du 1ᵉʳ janvier 2026. « — » : la mesure ne passe pas nos seuils de fiabilité — à Paris, l'effectif est insuffisant (24 ventes) ; dans les Alpes-Maritimes et les Bouches-du-Rhône, l'intervalle de confiance croise zéro, autrement dit l'effet de l'étiquette ne se distingue pas du bruit du marché. Nous affichons « — » plutôt que de recopier une moyenne nationale (seuils détaillés dans la méthodologie).

« Comparable » est ici une contrainte de calcul : chaque coefficient compare des maisons du même département, de la même époque de construction, vendues sur la même fenêtre 2023-2025. L'intervalle de confiance affiché dit la précision de la mesure — dans le Nord, la décote G est connue à environ un point et demi près (1 464 ventes) ; en Gironde, à trois points près (362 ventes).

Un G perd-il toujours plus qu'un F ?

Non — et c'est le contre-exemple qui prouve que la lettre ne commande pas seule. Dans quatre départements sur les sept mesurables, le G est nettement plus sanctionné que le F : l'Oise passe de −10,7 % (F) à −21,0 % (G), la Somme de −14,9 % à −24,3 %, le Nord de −19,2 % à −24,4 %, le Pas-de-Calais de −16,8 % à −21,3 %. Mais en Gironde, le G perd moins que le F: −12,8 % contre −14,4 %. Et sur les appartements des Alpes-Maritimes, l'écart s'inverse aussi (−6,7 % en G contre −9,3 % en F, sur 292 et 664 ventes).

Ce qui commande, c'est la tension du marché local — puis l'époque du bâti. Le tableau croise les deux : c'est la lecture qu'aucune décote nationale unique ne peut donner.

Décote d'une maison classée G, par tension de marché et époque de construction
ÉpoqueMarché détenduMarché médianMarché tenduMarché hyper-tendu
Avant 1948−23,1 %IC −24,3 % → −21,9 %2 462 ventes · mesuré−21,5 %IC −23,1 % → −19,8 %1 251 ventes · mesuré−11,4 %IC −14,3 % → −8,4 %514 ventes · mesuréIC croise zéro122 ventes
1948-1974−20,3 %IC −21,6 % → −19,0 %1 762 ventes · mesuré−18,0 %IC −19,6 % → −16,4 %1 035 ventes · mesuré−6,0 %IC −9,2 % → −2,7 %351 ventes · mesuréIC croise zéro84 ventes
1975-1988−18,6 %IC −24,3 % → −12,4 %56 ventes · estiméIC croise zéro49 ventesmoins de 30 ventes27 ventesmoins de 30 ventes8 ventes

Source : Ventes notariées DVF 2023-2025 × étiquettes DPE (observatoire ADEME), maisons, strates nationales de tension, coefficients calculés le 9 mai 2026 — reproductible via scripts/extract-stats-articles.ts (section M)

Chaque cellule compare une maison G à une maison D de la même strate de tension et de la même époque. « Mesuré » = fiabilité haute, « estimé » = fiabilité moyenne (effectif plus faible, intervalle plus large) — même vocabulaire que nos fiches villes. Les époques 1989-2005 et après 2005 sont absentes : moins de 16 ventes de maisons G par cellule, aucun chiffre publiable. La colonne hyper-tendu, elle, reste vide de bout en bout, et c'est précisément le résultat: là où le prix de l'emplacement domine, l'effet de l'étiquette ne se distingue plus du bruit du marché.

Trois lectures. D'abord, l'écart entre marchés est plus fort que l'écart entre époques : une maison d'avant 1948 perd deux fois plus en marché détendu (−23,1 %) qu'en marché tendu (−11,4 %). Ensuite, l'époque compte quand même — à tension égale, le bâti 1948-1974 est moins sanctionné que l'ancien, de 2,8 à 5,4 points. Enfin, un acheteur parisien ou niçois paie d'abord une adresse ; un acheteur de la Somme achète un bâti et sa facture de chauffage.

D'où le « jusqu'à » du titre, qui n'est pas une précaution de style : −23 % est le cas le plus défavorable, pas la norme. Sur les maisons des années 1948-1974, la décote G tombe à −6,0 % en marché tendu (351 ventes). Entre ces deux bornes, ce que vous perdez dépend autant de la tension de votre marché que de la lettre sur votre étiquette.

Combien ça fait, en euros ?

Un pourcentage ne se négocie pas : des euros, si. Voici la même décote convertie sur des biens types, au prix médian départemental DVF de la fenêtre 2023-2025.

La décote G convertie en euros sur des biens types
Bien typeValeur de référence en DDécote G
Maison 90 m² — Nord (1 912 €/m²)≈ 172 100 €≈ 42 000 € (−24,4 %)
Maison 90 m² — Aisne (1 262 €/m²)≈ 113 600 €≈ 21 000 € (−18,5 %)
Appartement 45 m² — Alpes-Maritimes (4 757 €/m²)≈ 214 100 €≈ 14 300 € (−6,7 %)

Source : Décote € = surface × prix médian m² du département (DVF 2023-2025) × coefficient de décote de la classe — mêmes coefficients que le tableau ci-dessus

Ces montants situent un ordre de grandeur sur un bien type, pas la valeur de votre maison : ils ignorent son état, son emplacement exact et sa surface réelle.

Comparez les deux premières lignes : le Nord et l'Aisne sont tous deux des marchés majoritairement détendus, mais la perte y va du simple au double en euros. Deux effets se multiplient : le prix au m² y est une fois et demie plus élevé (1 912 € contre 1 262 €) et la décote y est plus sévère (−24,4 % contre −18,5 %). Comparez maintenant avec la troisième : l'appartement niçois subit le pourcentage le plus faible du tableau (−6,7 %) et perd tout de même 14 300 €. Le pourcentage le plus lourd ne produit pas toujours la perte la plus lourde — c'est pourquoi un chiffre national ne vous sert à rien.

Votre G est peut-être devenu un F au 1ᵉʳ janvier 2026

Avant tout projet de vente, une vérification gratuite peut changer votre situation. L'arrêté du 13 août 2025 a abaissé le coefficient de conversion de l'électricité de 2,3 à 1,9 au 1ᵉʳ janvier 2026 : selon le ministère de la Transition écologique, cette réforme fait sortir environ 850 000 logements, principalement chauffés à l'électricité, du statut de passoire énergétique. Si votre chauffage et votre eau chaude sont électriques, le bien que vous pensez vendre en G est peut-être déjà classé F — voire E — sans un euro de travaux, et sans nouveau diagnostic.

La vérification se fait gratuitement sur l'observatoire ADEME (observatoire-dpe-audit.ademe.fr) ; le mode d'emploi est dans notre article sur la réforme du DPE 2026. Deux conséquences si vous êtes concerné : les décotes de cette page ne s'appliquent plus à votre bien — elles sont toutes mesurées sur des étiquettes antérieures à la réforme — et l'interdiction de location des G ne vous concerne plus. Si votre bien est repassé en F, votre arbitrage n'est plus le même : la location redevient possible jusqu'au 1ᵉʳ janvier 2028, ce qui ouvre deux options que le G n'a pas (les quatre options d'un propriétaire en DPE F).

Pourquoi d'autres chiffres circulent, de 8 % à 40 %

En cherchant « décote DPE G », vous croiserez des fourchettes qui vont de moins de 10 % à 40 %. Elles ne se contredisent pas toutes : le plus souvent, elles ne mesurent simplement pas la même chose. Cinq variables suffisent à expliquer presque tout l'écart.

  • L'effet de composition, de loin le plus coûteux. Comparer le prix médian des G au prix médian des D ne compare pas le même logement avec deux étiquettes : cela compare deux parcs différents, les G étant plus souvent anciens, plus souvent en maison, plus souvent hors des centres chers. C'est ce biais qui produit les « surcotes » absurdes de certaines analyses — nos propres coefficients bruts en sortent aussi, et nous refusons de les publier (pourquoi les moyennes par étiquette sont trompeuses).
  • La référence de comparaison. Un écart « G contre D » n'a rien à voir avec un écart « G contre A/B » : le second cumule la décote des mauvaises classes et la surcote des meilleures, et double presque l'amplitude affichée.
  • La maille. Une moyenne nationale écrase des écarts qui vont, sur nos mesures, de −12,8 % à −24,4 % d'un département à l'autre — et jusqu'à l'absence d'effet mesurable dans les marchés les plus tendus.
  • Le type de bien. Sur nos données, une maison ancienne G en marché détendu perd −23,1 % quand un appartement G en marché tendu perd −5,2 %. Mélanger les deux ne produit aucun chiffre utile.
  • Le millésime. La décote bouge vite (voir plus bas) : un chiffre de 2022 décrit un autre marché que celui de 2025.

Notre convention est explicite et vérifiable : G contre D, même département, même époque de construction, même type de bien, ventes notariées 2023-2025, effectif et intervalle de confiance publiés à côté de chaque chiffre. Sur la fenêtre complète 2023-2025, aucune de nos décotes départementales ne dépasse −24,4 %. Nous mesurons bien des valeurs au-delà de 30 %, mais ce sont des millésimes isolés — la Somme en 2025, −30,5 % — et non la moyenne d'un marché : les annoncer comme la décote d'un G reviendrait à confondre une année avec une tendance. Quand une décote circule sans sa référence, sa maille, son millésime et son effectif, elle n'est pas vérifiable. (La lecture classe par classe et département par département : notre étude complète de la décote DPE. À l'échelle de votre commune : nos fiches villes.)

Vendre en l'état ou rénover d'abord ?

Vendre en l'état, c'est accepter une perte connue et immédiate. Rénover d'abord, c'est avancer une dépense certaine pour regagner une valeur probable. Quatre éléments tranchent, et aucun n'est un principe général.

  1. La décote que vous subissez réellement, à votre maille — pas une moyenne nationale : le tableau ci-dessus montre qu'elle va du simple au double selon le département, et qu'elle peut être non mesurable là où le marché est très tendu.
  2. La part de cette décote qu'une rénovation regagne réellement. Notre modèle ne fait pas l'hypothèse qu'on récupère 100 % de l'écart : il retient 45 % en marché détendu, 70 % en marché médian, 85 % en marché tendu et 100 % en hyper-tendu. C'est une hypothèse de calibration, assumée comme telle et exposée dans notre méthodologie.
  3. Le coût réel du chantier sur votre bâti. Sur devis. Vous ne trouverez pas ici de « budget moyen pour passer de G à D » : il dépend des murs, de la toiture, du système de chauffage et de la surface réelle, et aucune source fiable ne le donne par cas type.
  4. Les aides, et leur contrepartie. C'est le point le plus souvent passé sous silence quand on parle de rénover pour vendre : MaPrimeRénov' est ouverte aux propriétaires occupants comme aux bailleurs, mais elle s'accompagne d'un engagement d'occupation de 3 ans pour un occupant, ou de location pendant 6 ans pour un bailleur, à compter d'un an après la demande de solde (service-public.gouv.fr, fiche F35083, consultée le 25 juillet 2026). Rénover avec l'aide de l'État est donc contradictoire avec le dispositif si l'on entend revendre dans la foulée. Pour un vendeur pressé, le chantier se finance en général sans elle — ce qui change radicalement l'arbitrage.

Un dernier élément de contexte, factuel : la décote des G s'est creusée sur la période récente. Dans le Nord, la décote des maisons anciennes classées G est passée de −17,3 % en 2022 à −29,6 % en 2025 ; dans la Somme, de −18,3 % à −30,5 % ; dans le Pas-de-Calais, de −18,1 % à −27,4 %. Nous ne prédisons pas la suite — nous la re-mesurerons à chaque millésime de ventes. Si votre bien reste en F après vérification, l'arbitrage est différent et nous l'avons chiffré dans notre article sur la vente d'une maison classée F.

Ce que vous devez fournir à l'acheteur

Vendre un G en l'état est légal, mais entièrement transparent : l'acheteur voit la classe, la facture théorique et les scénarios de travaux avant même de visiter.

  • L'audit énergétique réglementaire. Obligatoire depuis le 1ᵉʳ avril 2023 pour la vente d'une maison ou d'un immeuble en monopropriété classé F ou G — et depuis le 1ᵉʳ janvier 2025 pour les E (fiche service-public.gouv.fr sur l'audit énergétique, consultée le 25 juillet 2026). Il présente des scénarios de travaux chiffrés ; l'acheteur les a en main dès la première visite. Cette obligation vise la monopropriété : maison individuelle ou immeuble entier appartenant à un seul propriétaire.
  • Un DPE valide. Les DPE réalisés entre le 1ᵉʳ janvier 2018 et le 30 juin 2021 ne sont plus valables depuis le 1ᵉʳ janvier 2025 ; un DPE réalisé depuis le 1ᵉʳ juillet 2021 vaut 10 ans (fiche service-public.gouv.fr sur le DPE, consultée le 25 juillet 2026). Si le vôtre date de cette période, il faut le refaire — avec la méthode de calcul 2026, ce qui peut changer la classe d'un logement chauffé à l'électricité.
  • Un DPE exact — il vous est opposable, contrairement aux autres diagnostics. Depuis le 1ᵉʳ juillet 2021, en application de la loi ELAN du 23 novembre 2018, le DPE n'est plus un simple document d'information : il a valeur contractuelle, et la responsabilité contractuelle du vendeur peut être recherchée si le document est erroné (analyse juridique ANIL sur le DPE, mise à jour du 29 août 2025, consultée le 29 juillet 2026). L'acquéreur peut saisir le tribunal du lieu du logement pour demander des dommages et intérêts, voire l'annulation de la vente ; le diagnostiqueur engage sa propre responsabilité, sauf si l'erreur vient d'informations fausses que vous lui auriez volontairement communiquées (même fiche service-public.gouv.fr F16096, mise à jour du 1ᵉʳ janvier 2026). Seules les recommandations de travaux qui accompagnent le DPE gardent une valeur indicative. Conséquence pratique : un DPE de complaisance qui remonterait artificiellement votre classe se retourne contre vous après la vente.
  • Les mentions obligatoires de l'annonce. L'annonce de vente doit afficher les lettres des classements énergétique et climatique, le montant des dépenses énergétiques théoriques annuelles, et — pour un F ou un G — la mention « logement à consommation énergétique excessive» (même fiche service-public.gouv.fr). Autant l'intégrer à votre prix d'annonce : la décote est déjà connue de l'acheteur avant qu'il ne décroche son téléphone.

Si l'acheteur envisage de louer, un point mérite d'être dit clairement dès l'annonce : le bien ne peut pas être mis en location en l'état depuis le 1ᵉʳ janvier 2025. Le calendrier complet et les cas particuliers sont dans notre calendrier des interdictions de location par classe DPE.

Questions fréquentes

  • Est-il interdit de vendre une maison classée G ?

    Non. Aucun texte n'interdit la vente d'un logement classé G. La loi Climat et Résilience (art. 160) interdit sa mise en LOCATION depuis le 1er janvier 2025, pour tout bail conclu, renouvelé ou tacitement reconduit — la vente reste libre, sous réserve des obligations d'information (audit énergétique depuis le 1er avril 2023, DPE valide, mentions dans l'annonce).

  • Une maison classée G est-elle invendable ?

    Non. Sur les seules ventes notariées 2023-2025 des dix départements que nous couvrons, nous avons apparié 9 752 ventes de maisons classées G — dont 2 366 dans le Nord et 2 279 dans le Pas-de-Calais — auxquelles s'ajoutent 5 532 ventes d'appartements classés G. Ces biens se vendent, mais moins cher : une maison ancienne classée G part de 12,8 % à 24,4 % sous une D comparable selon le département. Précision importante : ce comptage porte sur des ventes signées ; il ne dit pas quelle part des G mis en vente trouve preneur, ni en combien de temps — les ventes notariées n'enregistrent pas les biens invendus.

  • Quelle décote pour une maison classée G ?

    Sur les ventes notariées DVF 2023-2025 croisées avec les DPE de l'ADEME, une maison construite avant 1948 et classée G s'est vendue de 12,8 % (Gironde) à 24,4 % (Nord) sous une maison D comparable du même département et de la même époque. À Paris, dans les Alpes-Maritimes et les Bouches-du-Rhône, l'effet ne passe pas nos seuils de fiabilité : nous n'y publions pas de chiffre. Les décotes de 30 à 40 % qui circulent ne correspondent à aucune mesure que nous obtenons sur des ventes réelles.

  • Faut-il faire des travaux avant de vendre une maison DPE G ?

    Cela dépend de quatre chiffres : la décote réellement subie dans votre département (de −12,8 % à −24,4 % sur nos mesures), la part de cette décote qu'une rénovation regagne (notre modèle retient 45 % en marché détendu, jusqu'à 100 % en hyper-tendu — une hypothèse de calibration, pas une mesure), le coût du chantier sur devis, et les aides. Attention sur ce dernier point : MaPrimeRénov' impose un engagement d'occupation de 3 ans, ou de location de 6 ans pour un bailleur, à compter d'un an après la demande de solde (service-public.gouv.fr F35083). Rénover avec l'aide de l'État pour revendre immédiatement est contradictoire avec le dispositif.

  • Mon logement est-il encore classé G après la réforme du DPE 2026 ?

    Peut-être pas. L'arrêté du 13 août 2025 a abaissé le coefficient de conversion de l'électricité de 2,3 à 1,9 au 1er janvier 2026 : selon le ministère de la Transition écologique, environ 850 000 logements, principalement chauffés à l'électricité, sortent du statut de passoire sans travaux. La vérification est gratuite sur l'observatoire ADEME (observatoire-dpe-audit.ademe.fr). Si votre bien change de classe, ni les décotes de cette page ni l'interdiction de location ne s'appliquent plus à lui.

  • L'audit énergétique est-il obligatoire pour vendre un G ?

    Oui. Pour la vente d'une maison individuelle ou d'un immeuble en monopropriété, l'audit énergétique réglementaire est obligatoire depuis le 1er avril 2023 pour les classes F et G, et depuis le 1er janvier 2025 pour la classe E (fiche service-public.gouv.fr F37110, consultée le 25 juillet 2026). Il présente des scénarios de travaux chiffrés, remis à l'acheteur dès la première visite.

D'où viennent ces chiffres ? Notre méthodologie détaille les seuils de fiabilité appliqués à chaque donnée, la page sources liste les jeux de données publics utilisés, avec leurs dates, et à propos explique qui publie ces chiffres et ce qu'Orvo ne vend pas.