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Réforme DPE 2026 : 850 000 logements sortent de F et G

Par L'équipe OrvoPublié le Mis à jour le

Depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, le facteur de conversion de l'électricité en énergie primaire passe de 2,3 à 1,9 (arrêté du 13 août 2025). Résultat : environ 850 000 logements, essentiellement chauffés à l'électricité, sortent du statut de passoire énergétique — sur les 4,8 millions de passoires que comptait le parc de résidences principales au 1ᵉʳ janvier 2023. Votre DPE actuel reste valable : la nouvelle étiquette se vérifie gratuitement, en quelques minutes, sur observatoire-dpe-audit.ademe.fr.

L'essentiel en chiffres

  • Depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, le facteur de conversion de l'électricité en énergie primaire passe de 2,3 à 1,9 (arrêté du 13 août 2025).
  • Selon le ministère, environ 850 000 logements sortent du statut de passoire énergétique, sur les 4,8 millions que comptait le parc de résidences principales au 1ᵉʳ janvier 2023.
  • Sur les ventes DVF 2023-2025, une maison F d'avant 1948 perdait −18,3 % en marché détendu face à une D comparable — la référence pour mesurer un futur re-pricing.
  • Même reclassée E, une maison ancienne perdait encore −8,3 % face à une D comparable en marché détendu, sur la même fenêtre de ventes.

Qu'est-ce qui change exactement au 1ᵉʳ janvier 2026 ?

Le DPE classe un logement d'après son énergie primaire : l'énergie consommée chez vous (finale) est convertie pour tenir compte de ce qu'il a fallu produire en amont. Pour l'électricité, chaque kWh consommé comptait jusqu'ici pour 2,3 kWh d'énergie primaire. L'arrêté du 13 août 2025 abaisse ce facteur à 1,9 à compter du 1ᵉʳ janvier 2026. Objectif affiché par le ministère de la Transition écologique dans son communiqué (consulté le 15 juillet 2026) : favoriser l'électrification du chauffage, au lieu de la pénaliser dans le calcul.

Qui est concerné ? Les logements dont le chauffage et l'eau chaude sanitaire sont électriques : radiateurs à effet joule, pompe à chaleur, chauffe-eau thermodynamique… Plus la part de l'électricité dans la consommation est grande, plus le recalcul est favorable. À l'inverse, les logements chauffés au gaz, au fioul ou au bois ne bougent pas : seul le facteur de l'électricité change, leur étiquette reste strictement identique.

L'impact chiffré par le ministère : la sortie d'environ 850 000 logements du statut de passoire énergétique (classes F et G), sur la base des chiffres au 1ᵉʳ janvier 2023, parmi les 4,8 millions de passoires que comptait alors le parc de résidences principales.

Comment vérifier votre nouvelle étiquette (gratuit, 2 minutes) ?

Vous n'avez pas à refaire un DPE : les diagnostics déjà réalisés restent valables 10 ans et peuvent être utilisés, précise le ministère (page « réponses à vos questions », consultée le 15 juillet 2026). La démarche officielle tient en trois étapes :

  1. Retrouvez le numéro de votre DPE, indiqué sur le document remis par le diagnostiqueur.
  2. Saisissez-le sur observatoire-dpe-audit.ademe.fr, l'observatoire officiel de l'ADEME.
  3. Téléchargez l'attestation de nouvelle étiquette, disponible depuis le 1ᵉʳ janvier 2026. Elle est gratuite et officielle.

Un piège à connaître : les DPE réalisés entre le 1ᵉʳ janvier 2018 et le 30 juin 2021 ne sont plus valables depuis le 1ᵉʳ janvier 2025 (fiche service-public.gouv.fr, consultée le 15 juillet 2026). Si votre diagnostic date de cette période, l'attestation ne le ressuscite pas : il faut refaire un DPE, qui appliquera d'office le nouveau calcul. Et avant de vendre ou de louer, situez votre étiquette sur votre marché : nos fiches villes chiffrent la décote et le parc, commune par commune — par exemple le DPE à Lille, en euros.

Qu'est-ce que ça change pour louer ou vendre ?

Si votre bien sort de G : il redevient louable. Les logements classés G sont interdits à la location depuis le 1ᵉʳ janvier 2025 (pour les baux signés, renouvelés ou reconduits tacitement depuis cette date). Un bien attesté F ou mieux au 1ᵉʳ janvier 2026 n'est plus concerné par cette interdiction — les échéances suivantes sont détaillées dans le calendrier d'interdiction de location 2025-2034.

Si votre bien sort de F : l'échéance du 1ᵉʳ janvier 2028 ne le concerne plus. Autre effet concret : le gel des loyers en vigueur depuis le 24 août 2022 vise les logements classés F ou G — un bien attesté E sort de son champ. Pour comparer les options d'un propriétaire encore classé F, voir DPE F : que faire avant l'interdiction de 2028.

À la vente, attention : l'audit énergétique réglementaire, obligatoire pour les F et G depuis le 1ᵉʳ avril 2023, s'applique aussi aux logements classés E depuis le 1ᵉʳ janvier 2025 — nous détaillons l'audit énergétique obligatoire à la vente, prix et contenu dans un article dédié. Un F qui devient E échappe donc à l'étiquette « passoire », mais pas à l'audit avant vente en monopropriété. Un bien qui repasse directement en D ou mieux, en revanche, sort de cette obligation jusqu'au 1ᵉʳ janvier 2034 — l'audit ne vise aujourd'hui que les F, G et E. Et le calendrier locatif ne s'arrête pas aux passoires : les logements classés E seront à leur tour interdits de location à partir du 1ᵉʳ janvier 2034.

Ce que la réforme ne change pas (encore) : les prix

C'est le point que les vendeurs de rapports passent volontiers sous silence : toutes les décotes publiées à ce jour — les nôtres comprises — ont été mesurées sur des ventes conclues avec les étiquettes d'avant la réforme. Nos chiffres reposent sur les ventes notariées 2023-2025 (calcul du 9 mai 2026), soit des logements affichés F ou G selon l'ancien facteur 2,3. Voici ce que le marché retirait alors à ces biens, par niveau de tension du marché :

Décote F et G vs classe D — logements construits avant 1948, par tension du marché
MarchéMaison FMaison GAppartement FAppartement G
Détendu−18,3 %−23,1 %−11,1 %−10,1 %
Médian−15,6 %−21,5 %−6,1 %−9,7 %
Tendu−12,2 %−11,4 %−7,7 %−5,2 %
Hyper-tendu−2,8 %−4,6 %

Source : Ventes notariées DVF 2023-2025 × étiquettes DPE (observatoire ADEME), logements construits avant 1948, coefficients calculés le 9 mai 2026 — reproductible via scripts/extract-stats-articles.ts

Étiquettes antérieures au 01/01/2026. Ces chiffres sont le point de référence pour mesurer, sur les prochains millésimes de ventes, si le marché re-price les logements sortis de F/G. « — » : pas assez de ventes comparables pour publier (seuils : voir la méthodologie).

Concrètement : si votre maison chauffée à l'électricité sort de F au 1ᵉʳ janvier 2026, le marché ne vous « rend » pas mécaniquement les −18,3 % observés en zone détendue. Personne ne sait encore chiffrer ce que les acheteurs paieront pour un logement reclassé — nous non plus, et nous préférons le dire. L'effet réel se lira dans les prochains millésimes de ventes DVF : c'est précisément le baromètre que nous tenons, département par département, dans la décote DPE mesurée département par département. En Gironde par exemple, la décote mesurée sur les F et G reste nettement plus modérée qu'ailleurs — nous la détaillons dans notre fiche du département.

Seconde raison d'être prudent : même reclassé E, un logement ancien ne se vendait pas au prix d'un D. Sur les mêmes ventes 2023-2025, une maison E d'avant 1948 s'échangeait −8,3 % sous la référence D en marché détendu, un appartement E −1,9 % en marché hyper-tendu. La sortie de F/G supprime un statut réglementaire ; elle ne gomme pas, à elle seule, l'écart de valeur entre un logement énergivore et un logement sobre.

Qui doit se méfier ?

La réforme est une bonne nouvelle pour les propriétaires de logements électriques, mais elle a des angles morts. Quatre situations méritent un examen honnête :

  • Un G très dégradé peut rester passoire. Gagner une classe ne suffit pas toujours à sortir de F/G : un G énergivore reclassé F reste soumis au gel des loyers et à l'interdiction de louer au 1ᵉʳ janvier 2028. Vérifiez l'attestation avant d'en tirer des conclusions. Pour les logements qui restent classés G, la location reste fermée, mais la vente, elle, reste ouverte et chiffrée dans ce qu'une maison classée G perd à la vente.
  • L'attestation ne répare pas un DPE erroné. Elle recalcule l'étiquette à partir des données saisies lors du diagnostic. Si celles-ci étaient fausses (surface, isolation, mode de chauffage), la nouvelle étiquette hérite des mêmes erreurs. En cas de doute sérieux, seul un nouveau DPE corrige le tir.
  • Un DPE périmé reste périmé. Diagnostic réalisé entre le 1ᵉʳ janvier 2018 et le 30 juin 2021 ? Il n'est plus valable depuis le 1ᵉʳ janvier 2025 : il faut refaire un DPE, pas télécharger une attestation.
  • Le seuil des 450 kWh ne bouge pas. Depuis 2023, un logement consommant plus de 450 kWh d'énergie finale par m² et par an est interdit à la location. Ce seuil porte sur l'énergie finale, pas sur l'énergie primaire : le nouveau facteur de conversion de l'électricité n'y change rien.

Questions fréquentes

  • Mon DPE de 2023 est-il encore valable ?

    Oui. Un DPE est valable 10 ans : un diagnostic réalisé en 2023 court jusqu'en 2033. La réforme du 1er janvier 2026 ne remet pas en cause sa validité — elle recalcule seulement l'étiquette des logements chauffés à l'électricité, via une attestation gratuite à télécharger sur observatoire-dpe-audit.ademe.fr (ministère de la Transition écologique et service-public.gouv.fr, consultés le 15 juillet 2026).

  • Dois-je payer pour obtenir la nouvelle étiquette ?

    Non. L'attestation officielle de nouvelle étiquette se télécharge gratuitement sur observatoire-dpe-audit.ademe.fr depuis le 1er janvier 2026, avec le numéro de votre DPE. Aucun DPE à refaire, aucun frais. Méfiez-vous des offres payantes de « mise à jour » : elles facturent un document que l'ADEME délivre gratuitement.

  • Mon logement chauffé au gaz va-t-il changer de classe ?

    Non. L'arrêté du 13 août 2025 ne modifie que le facteur de conversion de l'électricité (2,3 → 1,9 au 1er janvier 2026). Un logement chauffé au gaz, au fioul ou au bois conserve exactement la même étiquette.

  • Combien de logements sortent de F ou G ?

    Environ 850 000, principalement chauffés à l'électricité, sur les 4,8 millions de passoires énergétiques que comptait le parc de résidences principales au 1er janvier 2023. C'est le chiffrage officiel du ministère de la Transition écologique (consulté le 15 juillet 2026).

  • La décote de mon ancien F disparaît-elle avec la réforme ?

    Personne ne peut encore le chiffrer, nous non plus. Les décotes mesurées à ce jour (par exemple −18,3 % pour une maison F d'avant 1948 en marché détendu, ventes notariées 2023-2025) reposent sur les étiquettes d'avant la réforme. Si votre logement sort de F, le marché n'a pas encore « rendu » cette décote : l'effet réel se lira dans les prochains millésimes de ventes DVF.

D'où viennent ces chiffres ? Notre méthodologie détaille les seuils de fiabilité appliqués à chaque donnée, la page sources liste les jeux de données publics utilisés, avec leurs dates, et à propos explique qui publie ces chiffres et ce qu'Orvo ne vend pas.