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MaPrimeRénov' 2026 : ce qu'un DPE F ou G peut obtenir

Par L'équipe OrvoPublié le

Pour un logement classé E, F ou G, MaPrimeRénov' finance en 2026 une rénovation d'ampleur à 80 %, 60 %, 45 % ou 10 % du montant HT des travaux, selon vos revenus, dans la limite de 30 000 € HT pour un gain de 2 classes, ou de 40 000 € HT pour un gain de 3 classes ou plus. Chiffres du guide Anah « Les aides financières en 2026 », édition du 24 février 2026. Deux choses que la plupart des pages en ligne ne disent pas : le guichet a été fermé du 1ᵉʳ janvier au 23 février 2026, et le bonus « sortie de passoire » de 10 % n'existe plus.

L'essentiel en chiffres

  • Pour un logement classé E, F ou G, MaPrimeRénov' finance en 2026 une rénovation d'ampleur à 80 %, 60 %, 45 % ou 10 % du montant HT des travaux selon vos revenus, dans la limite de 30 000 € HT (gain de 2 classes) ou 40 000 € HT (gain de 3 classes ou plus) — guide Anah « Les aides financières en 2026 », édition du 24 février 2026.
  • Le guichet de l'Anah, fermé depuis la fin de l'année 2025, a rouvert le lundi 23 février 2026 à midi, à la promulgation de la loi de finances (communiqué de l'Anah du 20 février 2026).
  • Le bonus « sortie de passoire » de 10 % est supprimé : la formulation est celle du ministère de la Transition écologique à propos des décrets et arrêtés publiés au Journal officiel le 9 septembre 2025, et le guide Anah de février 2026 ne le fait plus figurer au barème de la rénovation d'ampleur.
  • Un rendez-vous personnalisé avec un conseiller France Rénov' est obligatoire avant tout dépôt de dossier de rénovation d'ampleur, pour tous les dossiers déposés après la réouverture des plateformes (guide Anah, édition du 24 février 2026).

Ce qui s'est passé en 2026, dans l'ordre

Aucune règle de MaPrimeRénov' n'a tenu six mois en 2026. Le dispositif a connu quatre épisodes distincts entre janvier et juin, et c'est la première chose à savoir avant de lire n'importe quelle page sur le sujet : une page rédigée en janvier décrit un guichet fermé, une page mise à jour en mai ignore le décret du 12 juin. Voici la séquence, texte par texte.

Les quatre ruptures de MaPrimeRénov' en 2026
DateCe qui s'est passéSource
1ᵉʳ janvier 2026Le guichet des aides de l'Anah est fermé : sans loi de finances votée, aucun nouveau dossier ne peut être engagé, et les dossiers déposés fin 2025 restent en attente.Anah, communiqué du 6 février 2026 (« reprendre l'engagement des dossiers en attente depuis la fin de l'année 2025 »)
23 février 2026, midiRéouverture du guichet pour toutes les aides, tous les parcours et tous les ménages, à la promulgation de la loi de finances 2026. « Les règles d'éligibilité et les taux de financement restent inchangés. »Anah, communiqué du 20 février 2026 ; guide Anah « Les aides financières en 2026 », édition du 24 février 2026
11 mars 2026Le Conseil d'État annule l'article 4 de l'arrêté du 4 décembre 2024, qui abaissait les forfaits des équipements au bois et à la biomasse — pour un motif de forme : l'arrêté n'avait pas été signé par le ministre chargé de l'outre-mer.Conseil d'État, décision n° 501151 du 11 mars 2026
12 juin 2026Un décret modifiant le décret du 14 janvier 2020 reporte au 1ᵉʳ janvier 2027 plusieurs échéances initialement fixées au 1ᵉʳ janvier 2026. Publié au Journal officiel le 17 juin 2026, en vigueur le lendemain.Décret n° 2026-516 du 12 juin 2026, JO du 17 juin 2026

Source : Communiqués de presse de l'Anah des 6 et 20 février 2026 ; guide Anah « Les aides financières en 2026 », édition du 24 février 2026 ; décision n° 501151 du Conseil d'État du 11 mars 2026 ; décret n° 2026-516 du 12 juin 2026 (JO du 17 juin 2026). Sources consultées le 31 juillet 2026.

Cette chronologie n'est pas un détail d'actualité : elle est la raison pour laquelle deux pages également sérieuses se contredisent sur MaPrimeRénov' 2026. Elles ne décrivent pas le même mois. Chaque chiffre de cet article porte donc sa date et sa source.

Deux conséquences pratiques, rarement écrites. La première : le guichet a rouvert avec un arriéré. L'Anah annonce comme première priorité de « reprendre l'engagement des dossiers en attente depuis la fin de l'année 2025 » (communiqué du 6 février 2026) — les dossiers déposés en 2026 passent après. La seconde : la décision du Conseil d'État du 11 mars n'est pas une querelle d'experts. Une baisse de forfaits appliquée pendant quinze mois a été annulée parce qu'un ministre n'avait pas signé. Un dispositif qui se fait censurer sur la forme est un dispositif dont les montants ne sont pas garantis dans le temps — c'est un paramètre de décision, pas une anecdote.

Deux parcours : lequel s'ouvre à un F ou à un G ?

MaPrimeRénov' n'est pas une aide mais trois : la rénovation par geste, la rénovation d'ampleur et MaPrimeRénov' Copropriété. Un propriétaire de maison ou d'appartement en monopropriété classé F ou G est concerné par les deux premières, et elles n'obéissent pas aux mêmes règles.

La rénovation d'ampleur : réservée aux E, F et G

C'est le point que les propriétaires de passoires lisent le plus souvent à l'envers. Le guide Anah de février 2026 est explicite : « Les financements pour la rénovation d'ampleur sont accessibles uniquement aux logements classés E, F ou G, considérés comme passoires thermiques. Les autres logements peuvent bénéficier de MaPrimeRénov' dans le cadre d'une rénovation par geste. » Une étiquette F ou G n'est donc pas un handicap face à ce parcours : c'est la condition d'entrée. Les autres conditions, cumulatives :

  • logement en France métropolitaine, construit depuis au moins 15 ans, occupé à titre de résidence principale (au moins 8 mois par an) ;
  • un gain d'au moins 2 classes énergétiques attesté par l'audit énergétique, avec au moins deux gestes d'isolation (toiture, menuiseries, sols ou murs) dans le programme de travaux ;
  • aucun chauffage majoritairement fossile installé, et interdiction de conserver un chauffage majoritairement au fioul ;
  • recours obligatoire à Mon Accompagnateur Rénov' et, nouveauté 2026, rendez-vous préalable obligatoire avec un conseiller France Rénov'.

Une variante mérite d'être connue des F et G : la rénovation en deux étapes. Dans un délai de 5 ans, un premier dossier peut être complété par des travaux supplémentaires, avec un plafond majoré en deuxième étape. Pour un logement initialement classé F ou G, la classe C doit au minimum être atteinte à l'issue de la seconde étape (classe B pour un logement initialement E). C'est le seul mécanisme officiel qui autorise à étaler une sortie de passoire dans le temps sans perdre le bénéfice du parcours.

La rénovation par geste : ouverte, mais plus pour longtemps

Le guide Anah de février 2026 ne pose aucune condition de classe DPE pour la rénovation par geste : elle est « accessible à tous les propriétaires (occupants et bailleurs) avec des revenus très modestes, modestes et intermédiaires ». La seule exclusion est une exclusion de revenus, et elle est totale : sur toute la colonne du barème, les ménages aux ressources supérieures sont marqués « non éligible » — pas « taux réduit ». Deux postes ont par ailleurs quitté la liste des travaux finançables en geste au 1ᵉʳ janvier 2026 : l'isolation des murs et les chaudières biomasse.

La fenêtre se referme néanmoins, et c'est ce qui explique les contradictions entre sites. La fiche service-public.gouv.fr F35083, vérifiée le 19 juin 2026, annonce qu'« à partir du 1ᵉʳ janvier 2027, les maisons individuelles ayant un DPE avec une étiquette énergétique F ou G n'auront plus accès à MaPrimeRénov' Parcours par geste ». L'échéance est cohérente avec le décret du 12 juin 2026, qui a reporté au 1ᵉʳ janvier 2027 des conditions initialement prévues pour le 1ᵉʳ janvier 2026. Autrement dit : en 2026, une maison F ou G a encore le choix entre les deux parcours ; à partir de 2027, elle n'aura plus que la rénovation d'ampleur, avec son audit, son accompagnateur et son gain de 2 classes obligatoire. Les pages qui écrivent « les F et G sont exclus du parcours par geste » ne sont pas fausses — elles sont en avance d'un an.

Un préalable avant tout dossier : vérifiez votre étiquette. Le guide Anah rappelle que le coefficient de conversion de l'électricité est passé de 2,3 à 1,9 au 1ᵉʳ janvier 2026, que ce nouveau calcul s'applique rétroactivement aux DPE et audits antérieurs, et qu'une attestation de nouvelle classe se télécharge sur le site de l'observatoire de l'ADEME — elle peut même être jointe à un ancien audit dans un dossier de rénovation d'ampleur. Conséquence à double tranchant, que nous détaillons dans notre article sur la réforme du DPE 2026 : si votre logement passe de F à E, vous restez éligible à la rénovation d'ampleur ; s'il passe à D ou mieux, vous en sortez — et il ne vous reste que le parcours par geste.

Combien MaPrimeRénov' paie au maximum, en 2026

Le calcul officiel tient en une phrase du guide Anah : « L'aide se calcule en multipliant le taux de subvention par le montant hors taxes des travaux éligibles (fourniture et pose). » Quatre taux, deux plafonds, et un écrêtement qui plafonne le total de toutes les aides perçues.

Rénovation d'ampleur : taux, plafonds et écrêtement en 2026
Profil de revenusTaux de subventionGain de 2 classes (plafond 30 000 € HT)Gain de 3 classes ou plus (plafond 40 000 € HT)Écrêtement, toutes aides, en TTC
Très modestes80 %24 000 €32 000 €100 %
Modestes60 %18 000 €24 000 €90 %
Intermédiaires45 %13 500 €18 000 €80 %
Supérieurs10 %3 000 €4 000 €50 %

Source : Guide Anah « Les aides financières en 2026 », édition du 24 février 2026 — taux de subvention, plafonds de dépenses éligibles et taux d'écrêtement de la rénovation d'ampleur. Consulté le 31 juillet 2026.

Les deux colonnes de montants sont le produit des deux colonnes officielles (taux × plafond), selon la formule du guide lui-même. Ce sont des maximums théoriques, pas une estimation de votre dossier : ils supposent des travaux atteignant exactement le plafond, et l'aide baisse à proportion en dessous. Le plafond s'entend hors taxes et inclut les travaux induits ; l'écrêtement, lui, se calcule sur le montant TTC.

Deux lectures s'imposent. La première : le saut de classe compte double. Passer de F à D (2 classes) et de F à B (4 classes) ne donne pas droit au même plafond — 30 000 € HT contre 40 000 € HT — et le taux s'applique ensuite au même pourcentage. Pour un ménage modeste, la différence entre les deux scénarios est de 6 000 € d'aide. La seconde : la ligne « supérieurs » a été rouverte. Le guide Anah note parmi les évolutions réglementaires de 2026 que la rénovation d'ampleur « est de nouveau accessible à tous les ménages, quels que soient leurs revenus » — mais à 10 %. Un ménage aux revenus supérieurs finance donc 90 % de ses travaux, dans un parcours où les CEE ne sont pas cumulables.

Votre couleur de revenus, au barème officiel

Tout dépend d'un seul chiffre : la somme des revenus fiscaux de référence des personnes composant le ménage. Voici le barème en vigueur au 1ᵉʳ janvier 2026, hors Île-de-France.

Plafonds de ressources hors Île-de-France au 1ᵉʳ janvier 2026
Personnes au foyerTrès modestesModestesIntermédiairesSupérieurs
1 personne17 363 €22 259 €31 185 €au-delà
2 personnes25 393 €32 553 €45 842 €au-delà
3 personnes30 540 €39 148 €55 196 €au-delà
4 personnes35 676 €45 735 €64 550 €au-delà
5 personnes40 835 €52 348 €73 907 €au-delà
Par personne en plus+ 5 151 €+ 6 598 €+ 9 357 €+ 9 357 €

Source : Guide Anah « Les aides financières en 2026 », édition du 24 février 2026 — plafonds de ressources hors Île-de-France et en outre-mer au 1ᵉʳ janvier 2026, exprimés en revenu fiscal de référence. Consulté le 31 juillet 2026.

Les seuils sont des plafonds inclusifs : une colonne s'applique tant que le revenu fiscal de référence ne les dépasse pas. En Île-de-France, le barème est nettement plus haut — 24 031 €, 29 253 € et 40 851 € pour une personne seule, avec + 7 116 €, + 8 663 € et + 12 257 € par personne supplémentaire. Si des personnes du foyer ont des avis d'imposition distincts, les revenus fiscaux de référence s'additionnent.

Un mot sur la raison pour laquelle nous reproduisons ce barème au lieu de renvoyer vers une page tierce. Un comparateur de travaux bien classé sur la requête « MaPrimeRénov' 2026 », et mis à jour le 3 juin 2026, publie 23 541 € comme plafond « très modestes » d'un foyer de deux personnes hors Île-de-France. Le barème officiel dit 25 393 €. L'écart, 1 852 €, n'est pas une coquille de mise en page : pour un foyer situé entre les deux valeurs, c'est la différence entre 80 % et 60 % de subvention, soit 6 000 € d'aide sur un plafond de 30 000 € HT. Nous ne nommons pas le site — le mode de défaillance nous intéresse davantage que le coupable, et il est banal : un barème se recopie d'une année sur l'autre, et l'année change. Avant de bâtir un plan de financement, comparez toujours votre ligne au barème publié par l'Anah elle-même.

Le bonus « sortie de passoire » n'existe plus — et depuis quand

C'est l'information la plus mal servie du web francophone sur ce sujet, et elle vaut plusieurs milliers d'euros. Le ministère de la Transition écologique, dans sa page consacrée à la réouverture du guichet MaPrimeRénov' au 30 septembre 2025, écrit à propos des décrets et arrêtés publiés au Journal officiel le 9 septembre 2025 : « les taux d'aide restent inchangés mais le bonus sortie de passoires de 10 % est supprimé » (page consultée le 31 juillet 2026).

Le guide Anah de février 2026 le confirme en creux, et cette confirmation vaut d'être expliquée : son barème de la rénovation d'ampleur ne comporte plus aucune ligne de bonification, ni sortie de passoire ni rien d'autre. Or le même document continue d'employer l'expression ailleurs, ce qui est très exactement la source de la confusion :

  • une bonification « sortie de passoire énergétique » de +10 points subsiste dans MaPrimeRénov' Copropriété, pour les immeubles classés F ou G qui atteignent au moins la classe D ;
  • une prime de sortie de passoire de +10 % subsiste dans Ma Prime Logement Décent, dispositif distinct réservé aux logements très dégradés ou frappés d'un arrêté d'insalubrité.

Ni l'une ni l'autre ne s'applique à une maison ou à un appartement en monopropriété rénové dans le parcours accompagné. La conséquence est concrète et contre-intuitive : en 2026, sortir du statut de passoire ne rapporte plus rien en soi. Seul compte le nombre de classes gagnées, qui commande le plafond (30 000 € ou 40 000 € HT). Un propriétaire qui a bâti son plan de financement en 2024 ou 2025 sur une page mentionnant ce bonus doit refaire son calcul.

Ce que le parcours accompagné coûte en plus de l'argent

Une subvention à 80 % ne dit rien du temps, des intermédiaires et des engagements qu'elle suppose. Le parcours accompagné en compte plusieurs, tous documentés dans le guide Anah de février 2026, et aucun n'apparaît dans les tableaux de montants.

  • Un rendez-vous préalable obligatoire avec un conseiller France Rénov' : il doit avoir lieu avant le dépôt de la demande, « pour tous les dossiers déposés après la réouverture des plateformes » — soit à compter du 23 février 2026.
  • Mon Accompagnateur Rénov', obligatoire : première visite, audit énergétique, montage du dossier, suivi de chantier, seconde visite après travaux. Sa prestation est financée dans la limite de 2 000 € TTC, prise en charge à 100 % (très modestes), 80 % (modestes), 40 % (intermédiaires) et 20 % (supérieurs) — le reste est à votre charge.
  • Une vérification d'identité à la création d'un compte ou d'un nouveau dossier, par FranceConnect+ ou par un code reçu par courrier à l'adresse fiscale.
  • L'interdiction de commencer : la demande doit être déposée avant les travaux, et le guide « recommande vivement » de ne pas les lancer avant la décision d'octroi, « la subvention n'étant pas de droit ». Sur un guichet qui traite en priorité l'arriéré de 2025, ce délai n'est pas neutre.

Reste la question qui décide souvent du reste à charge : ce qui se cumule avec quoi.

Ce qui se cumule avec MaPrimeRénov' en 2026, par parcours
Règle de cumulRénovation par gesteRénovation d'ampleur
Certificats d'économies d'énergie (CEE)CumulablesNON cumulables
Aides des collectivités locales et des caisses de retraiteCumulablesCumulables
Écrêtement MaPrimeRénov' + CEE90 % TTC (très modestes), 75 % (modestes), 60 % (intermédiaires)Sans objet : les CEE ne sont pas cumulables
Écrêtement toutes aides confondues100 % TTC de la dépense éligible, quels que soient les revenus100 % / 90 % / 80 % / 50 % TTC selon le profil
Plafond de répétition20 000 € par logement sur 5 ans ; un bailleur peut déposer pour 3 logements différents au maximum30 000 € HT (gain de 2 classes) ou 40 000 € HT (gain de 3 classes ou plus)
Éco-prêt à taux zéro MaPrimeRénov'Cumulable — 50 000 € au maximum, jusqu'à 20 ans, sans condition de ressourcesCumulable — mêmes conditions

Source : Guide Anah « Les aides financières en 2026 », édition du 24 février 2026, chapitre « Quelles règles en cas de cumul d'aides ? ». Consulté le 31 juillet 2026.

Une imprécision du guide lui-même, à connaître avant de bâtir un plan de financement : la règle des 20 000 € sur 5 ans y est formulée comme « 20 000 € de travaux par logement » pour la répétition des forfaits, et comme « 20 000 € d'aide par logement » pour les propriétaires bailleurs. Les deux formulations ne recouvrent pas le même montant : faites confirmer la vôtre par votre conseiller France Rénov' au dépôt du dossier. À noter également, hors tableau : la TVA à 5,5 % s'applique aux travaux de rénovation énergétique éligibles, indépendamment de MaPrimeRénov'.

La ligne à retenir est la première. En rénovation d'ampleur, les CEE disparaissent du plan de financement — ce sont eux qui, dans le parcours par geste, complètent la subvention publique par un versement des fournisseurs d'énergie. Un ménage aux revenus supérieurs se retrouve ainsi avec 10 % d'aide et aucun CEE sur une rénovation d'ampleur, quand le même ménage n'a de toute façon droit à rien en parcours par geste. Pour ce profil-là, l'essentiel du levier public en 2026 tient dans l'éco-PTZ et la TVA réduite, pas dans la prime.

Bailleur d'un F ou d'un G : l'engagement de six ans

Les propriétaires bailleurs sont éligibles aux deux parcours — sans condition de revenus pour la rénovation d'ampleur, jusqu'aux revenus intermédiaires seulement pour la rénovation par geste. Mais l'aide se paie d'un engagement que peu de pages détaillent, et qui change entièrement l'arbitrage d'un bailleur qui envisage de vendre. Selon le guide Anah de février 2026, le bénéficiaire bailleur doit :

  • louer le logement en tant que résidence principale dans un délai d'un an à compter de la demande de paiement du solde ;
  • le louer pendant au moins 6 ans, faute de quoi il rembourse 1/6 de l'aide perçue par année non louée ;
  • déduire le montant de l'aide du montant des travaux en cas d'augmentation du loyer du locataire.

Croisez maintenant cet engagement avec le calendrier réglementaire, que nous détaillons dans notre calendrier d'interdiction de location : un logement G ne peut plus être mis en location depuis le 1ᵉʳ janvier 2025, un F ne le pourra plus à partir du 1ᵉʳ janvier 2028, et le loyer des F et G est gelé depuis le 24 août 2022. Un bailleur qui rénove avec MaPrimeRénov' échange donc une contrainte contre une autre : il lève l'interdiction de louer, mais s'interdit de vendre libre pendant six ans sans rembourser une fraction de l'aide. Pour un propriétaire proche de la retraite, ou dont l'horizon de détention est plus court que six ans, cet engagement pèse plus lourd que le taux de subvention.

Rénover ou vendre : ce que ces aides déplacent, et ce qu'elles ne déplacent pas

Ces barèmes changent le coût d'une rénovation ; ils ne changent pas le prix auquel un F ou un G se vend aujourd'hui. Sur les ventes notariées DVF 2023-2025, une maison d'avant 1948 classée G se vend 23,1 % sous une maison D comparable en marché détendu (2 462 ventes), et une maison F 18,3 % en dessous (3 143 ventes) — l'écart que la rénovation cherche à récupérer. Nous ne chiffrons pas ici le coût des travaux : il dépend de votre bâti et de vos devis, pas d'un barème — nous l'avons chiffré à part, dans le coût réel des travaux de sortie, sources publiques à l'appui.

Le bon ordre des questions est donc : quelle est ma couleur de revenus, quel saut de classes mon audit rend-il atteignable, et à quel horizon je détiens le bien. Si l'arbitrage penche vers la vente, nous l'avons chiffré classe par classe — vendre une maison classée F et vendre une maison classée G — et les quatre options d'un propriétaire de F, y compris celle d'attendre, sont détaillées dans DPE F : que faire avant l'interdiction de 2028.

Un dernier mot sur la méthode, puisque c'est le sujet le plus périssable que nous traitions. Nous ne prédisons pas ce que MaPrimeRénov' deviendra : quatre ruptures en six mois suffisent à décourager l'exercice. Nous datons chaque règle, nous citons le texte qui la porte, et nous la re-vérifierons à chaque édition du guide Anah. Au 31 juillet 2026, tout ce qui précède est l'état du droit applicable.

Questions fréquentes

  • MaPrimeRénov' est-elle vraiment rouverte en 2026, pour tous les logements F et G ?

    Oui. Le guichet de l'Anah a rouvert le lundi 23 février 2026 à midi, avec la promulgation de la loi de finances 2026, « pour toutes les aides (MaPrimeRénov', MaPrimeAdapt' et Ma Prime Logement Décent) » selon le communiqué de l'Anah du 20 février 2026. Le guide Anah « Les aides financières en 2026 », édition du 24 février 2026, précise que la réouverture vaut « pour l'ensemble des parcours et l'ensemble des ménages » et que « les règles d'éligibilité et les taux de financement restent inchangés ». Un logement F ou G n'a donc pas de restriction propre à sa lettre : c'est au contraire la lettre qui ouvre l'accès à la rénovation d'ampleur, réservée aux classes E, F et G.

  • Le bonus « sortie de passoire thermique » existe-t-il encore en 2026 ?

    Non. Le ministère de la Transition écologique écrit, à propos des décrets et arrêtés publiés au Journal officiel le 9 septembre 2025 : « les taux d'aide restent inchangés mais le bonus sortie de passoires de 10 % est supprimé » (page « Réouverture du guichet MaPrimeRénov' le 30 septembre », consultée le 31 juillet 2026). Le guide Anah de février 2026 le confirme en creux : le barème de la rénovation d'ampleur (taux et plafonds) ne comporte plus aucune ligne de bonification. Attention à la confusion : une bonification « sortie de passoire énergétique » de +10 points survit dans MaPrimeRénov' Copropriété, pour les immeubles classés F ou G qui atteignent au moins la classe D, et une prime de +10 % existe dans Ma Prime Logement Décent, dispositif distinct réservé aux logements très dégradés. Ce sont deux autres aides, pas la vôtre si vous rénovez une maison ou un appartement en monopropriété.

  • Un logement F ou G peut-il encore bénéficier du parcours par geste, ou seulement de la rénovation d'ampleur ?

    Les deux, en 2026. Le guide Anah de février 2026 ne pose aucune condition de classe DPE pour la rénovation par geste : elle est « accessible à tous les propriétaires (occupants et bailleurs) avec des revenus très modestes, modestes et intermédiaires » — la seule exclusion porte sur les ménages aux revenus supérieurs, marqués « non éligible » sur toute la colonne du barème. La rénovation d'ampleur, elle, est réservée aux logements classés E, F ou G avant travaux. Mais la fenêtre se referme : la fiche service-public.gouv.fr F35083, vérifiée le 19 juin 2026, annonce qu'« à partir du 1er janvier 2027, les maisons individuelles ayant un DPE avec une étiquette énergétique F ou G n'auront plus accès à MaPrimeRénov' Parcours par geste ». C'est cette échéance décalée qui explique les contradictions entre sites : certains décrivent par anticipation l'état du droit applicable en 2027.

  • MaPrimeRénov' est-elle cumulable avec les CEE et l'éco-PTZ en 2026 ?

    Cela dépend du parcours. En rénovation par geste, MaPrimeRénov' est cumulable avec les certificats d'économies d'énergie (CEE), les aides des collectivités locales et celles des caisses de retraite, avec un écrêtement du couple MaPrimeRénov' + CEE à 90 % du TTC de la dépense éligible pour un ménage très modeste, 75 % pour un ménage modeste et 60 % pour un ménage intermédiaire. En rénovation d'ampleur, MaPrimeRénov' n'est PAS cumulable avec les CEE ; elle reste cumulable avec les aides locales et les caisses de retraite, et l'écrêtement global est de 100 %, 90 %, 80 % ou 50 % du TTC selon le profil de revenus. L'éco-prêt à taux zéro MaPrimeRénov' se cumule dans les deux cas : 50 000 € au maximum, jusqu'à 20 ans, sans condition de ressources, la notification d'octroi de l'Anah remplaçant les devis auprès de la banque. Source : guide Anah « Les aides financières en 2026 », édition du 24 février 2026.

  • Le rendez-vous avec un conseiller France Rénov' est-il obligatoire pour tous les dossiers en 2026 ?

    Pour les rénovations d'ampleur, oui. Le guide Anah de février 2026 l'écrit sans réserve : « Un rendez-vous personnalisé avec un conseiller France Rénov' est obligatoire avant le dépôt de la demande d'aide, afin de sécuriser les parcours et garantir la qualité des rénovations financées », et précise que la règle vaut « pour tous les dossiers déposés après la réouverture des plateformes », soit à compter du 23 février 2026. Pour la rénovation par geste, le guide ne mentionne pas cette obligation. S'y ajoute, dans les deux parcours, une vérification d'identité à la création d'un compte ou d'un nouveau dossier, par FranceConnect+ ou par un code reçu par courrier à l'adresse fiscale.

  • Avec l'interdiction de location des passoires thermiques, est-il plus rentable de rénover avec MaPrimeRénov' ou de vendre en l'état ?

    Aucune règle générale ne répond à cette question, et nous ne la trancherons pas à votre place avec un pourcentage. Trois éléments datés cadrent l'arbitrage. D'abord la contrainte : un logement G ne peut plus être mis en location depuis le 1er janvier 2025, un F ne le pourra plus à partir du 1er janvier 2028 (loi Climat et Résilience). Ensuite l'engagement : un propriétaire bailleur aidé doit louer le bien en résidence principale pendant au moins 6 ans, et rembourse 1/6 de l'aide par année non louée — vendre pendant cette période coûte donc une partie de la subvention. Enfin le prix : sur les ventes notariées DVF 2023-2025, une maison d'avant 1948 classée G se vend 23,1 % sous une maison D comparable en marché détendu (2 462 ventes), et une F 18,3 % en dessous (3 143 ventes). Le calcul se fait avec vos devis, votre couleur de revenus et votre marché local, pas avec une moyenne nationale.

D'où viennent ces chiffres ? Notre méthodologie détaille les seuils de fiabilité appliqués à chaque donnée, la page sources liste les jeux de données publics utilisés, avec leurs dates, et à propos explique qui publie ces chiffres et ce qu'Orvo ne vend pas.